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Caen : la mairie de droite rebaptise les rues de noms de musulmanes voilées et de transexuels

Leutnant
Démocratie Participative
02 octobre 2020

 

Si vous êtes une maghrébine voilée, vous pourrez avoir une rue à 36 ans.

Valeurs Actuelles :

Elle a grandi près de Rouen en Seine-Maritime, elle est une femme qui revendique le port du voile, et a désormais une rue à son nom. Et c’est une première, comme le rapporte Le Courrier de l’Atlas. A 36 ans, Nadiya Lazzouni peut se targuer d’être la première « femme voilée » à avoir ce privilège. Ainsi, aux côtés du panneau de la Place Jean Letellier, la rue caennaise porte également son nom désormais. Caen veut en effet restaurer une certaine égalité dans le nom de ses rues.

Car aujourd’hui, ce sont bien 49 femmes qui ont obtenu le précieux sésame, une opération menée notamment par l’association « Caen à ELLES » et mise en place lors des Journées du Patrimoine notamment. Leur but est « d’apposer 50 plaques aux côtés d’autres avec un nom d’Homme ». Car selon l’association, seules 3% des rues portent aujourd’hui le nom d’une femme dans la cité normande. La liste des personnalités choisies a été établie pendant plus de huit mois, explique la présidente de l’association. Des femmes « qui se sont illustrées dans un domaine en particulier » et qui ont « un lien direct ou indirect avec la Normandie ».

L’association indique cependant que quelques noms « ont un peu posé problème », mais pas celui de Nadiya Lazzouni. Et pourtant, elle revendique fièrement le port du voile : « On veut éradiquer de l’espace public les femmes musulmanes qui portent le hijab aujourd’hui, l’espace public donne une rue à une femme qui le porte », se félicite-t-elle. Un choix justifié par « Caen à ELLES » : « De par son métier, Nadiya fait un travail remarquable en donnant la parole à des personnes invisibilisées dans notre société, en plus de tous les combats qu’elle mène en faveur des femmes. »

Les plaques ont pour le moment été apposées de manière temporaire, mais elles le seront de manière définitive d’ici quelques semaines. Le Courrier de l’Atlas révèle que cette inauguration a été tenue secrète jusqu’au dernier moment en raison « du contexte de violence inouïe à l’égard des femmes qui portent le foulard ». De son côté, Nadiya Lazzouni se dit très « fière » et dédie notamment la plaque à « toutes les femmes qui subissent le harcèlement de rue, celles discriminées sur le marché de la loi parce qu’elles portent un foulard ».

La municipalité de Caen n’est pas contrôlée par des « islamo-gauchistes » mais par le maire de droite Les Républicains Joël Bruneau. Sa majorité s’exprime comme l’extrême-gauche intersectionnelle de Tolbiac.

Caen à ELLES :

Les femmes, les personnes transgenres, intersexuées, ou racisées, sont les grandes oubliées de la mémoire collective, alors qu’elles y ont toujours participé. Cet état de faits explique également cette inégalité dans l’attribution des noms de rue. En effet, les rues sont nommées d’après des personnes jugées importantes dans l’histoire de France. Or, puisque les « non-hommes » ont été effacés de l’Histoire, elles et ils ne sont aujourd’hui pas ou très peu représentés.

Mettre en valeur les figures marquantes de l’histoire, en particulier celle de la Normandie, mais sur lesquelles peu de documentation existe, c’est aussi enrichir le patrimoine de Caen et son rayonnement.

Concrètement, Caen à ELLES est un collectif de 8 personnes aux histoires et aux trajectoires diverses. Grâce au soutien de la ville de Caen, 50 plaques de noms de rue seront apposées pour les Journées du Matrimoine et du Patrimoine les 19 et 20 septembre prochains. Elles mettront en lumiere 50 femmes ayant un lien, direct ou plus lointain, avec la Normandie.

La droite, c’est la gauche d’il y a 5 minutes.

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