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Saint-Ouen : Sofiane, dealer de drogue et militant du Parti Communiste, exécuté lors d’une querelle intraprofessionnelle

Leutnant
Démocratie Participative
16 septembre 2020

Le Parti Communiste est en deuil après l’assassinat d’un de ses membres, un boss du trafic de drogue de Saint-Ouen qui a été abattu aux côtés d’un complice d’origine africaine.

Le Parisien :

Dans le quartier du Vieux-Saint-Ouen il était Sosso, plutôt que Sofiane. Un diminutif affectueux comme l’était ce jeune homme de 25 ans de l’avis d’habitants et de nombreuses personnalités locales. « Un jeune adorable, un bel esprit », résume Jacqueline Rouillon, ancienne maire (PCF) de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) et très proche de la victime. La courte vie de Sofiane Mjaiber s’est arrêtée tragiquement dans la nuit de lundi à mardi, dans le quartier où il vivait toujours, la cité Soubise, dans une tour de 15 étages qui surplombe la partie la plus ancienne de la ville.

Sofiane a été abattu froidement. Il a été découvert par la police peu avant minuit dans l’une des caves d’un immeuble. Une balle dans le thorax. A ses côtés gisait une autre victime, Tidiane Bagayoko, 17 ans, liquidée tout aussi sèchement de plusieurs balles dans la poitrine et au cou. Tidiane était originaire de la cité Arago à Saint-Ouen.

Les policiers qui ont découvert les corps avouent : « C’était une véritable boucherie. » Une dizaine de douilles de 7,65 ont été retrouvées au sol. L’auteur est toujours activement recherché. « Douze personnes sont en garde à vue pour meurtres et tentative de meurtre en bande organisée », indique le parquet de Bobigny.

Un seul homme a été vu en train de pénétrer dans l’immeuble et se diriger déterminé vers les caves, armé d’un petit calibre. « Il savait où il allait et qui il allait trouver. C’est une exécution », indique une source proche du dossier. L’enquête a été confiée à la brigade criminelle. L’hypothèse d’un règlement de comptes sur fond de trafic de drogue reste privilégiée. Le quartier Soubise est l’un des gros points de deal de Saint-Ouen. Une source proche du dossier affirme que « le plus âgé (NDLR : Sofiane) était identifié comme étant le chef du réseau local du trafic ».

Quoi qu’il en soit, les secours arrivés sur place peu de temps après ne sont pas parvenus à ranimer les victimes. Le tueur a blessé un autre jeune : un adolescent de 16 ans, touché aux jambes par un tir. C’est lui qui aurait fourni les indications permettant de localiser les corps de Sofiane et Tidiane.

Immédiatement, l’effroi et l’abattement se sont emparés du quartier Soubise. La personnalité de Sofiane y est pour beaucoup. Sous le choc, Jacqueline Rouillon confie : « Je ne veux pas y croire. Pas lui. Il avait trop envie d’avoir une belle vie. Il avait d’ailleurs repris des études en BTS commerce et ressources humaines, mais il n’était pas parvenu à trouver un maître de stage cette année, comme beaucoup de jeunes. »

C’était aussi un compagnon de militantisme. Il avait pris sa carte au PCF et il était membre de l’association Citoyens solidaires. « Il était très présent dans la vie locale, mais il ne s’est jamais présenté sur une liste », précise-t-elle. L’ancienne maire veut retenir surtout sa personnalité « attachante ». « Tout de suite, il déclenchait la sympathie ». Denis Vemclefs, élu d’opposition, renchérit : « Nous avions beaucoup de discussions sur l’avenir des quartiers populaires. Il avait une réelle conscience politique. »

Les femmes blanches du PC sont tristes.

L’ancienne maire Jacqueline Rouillon (Parti Communiste) est triste.

« Dealers de drogue de tous les pays, unissez-vous ! »

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